En cherchant dans les archives de l’entreprise nous sommes tombé sur un ouvrage retraçant l’histoire de notre entreprise.
Ce livre référence a été réalisé sous l’impulsion de Fiona Lalieu et Romain Massié. Ils ont pu écrire cette histoire grâce aux témoignages des anciens de l’entreprise (employés et direction) et aux archives du Centre culturel de Carmaux.

Ene’O, au service de Carmaux depuis 1881 !

Ene’O et Carmaux ont une histoire commune depuis presque 150 ans qui débute en 1881. En effet le 29 Novembre de cette année, la Ville de Carmaux confiait à la société « Fusion des Gaz » l’éclairage public et le chauffage par le gaz à la commune.

C’est le 14 Juillet 1882 que la première usine de gaz de houille est inaugurée. Elle se situait à l’angle de la rue Sainte Barbe et de la rue de la Verrerie. Cette usine produisait le gaz nécessaire pour assurer l’éclairage public et permettre le chauffage par le gaz dans les bâtiments publics et les habitations particulières.

Concrètement le réseau de gaz alimentait 100 lanternes placées sur des candélabres. Sa longueur était de 6000 mètres. Le gaz était du gaz épuré (hydrogène carboné) et une équipe d’allumeurs était chargée de gérer l’éclairage public.
On pouvait d’ailleurs lire dans les règles de sécurité :

Le service de l’allumage de la ville devra se faire de manière correcte et régulière ; les allumeurs porteront une casquette d’uniforme avec l’inscription GAZ et un numéro matricule apparent afin qu’on puisse désigner l’allumeur.

L’arrivée de l’électricité à Carmaux

Jusqu’en 1927 s’en suivirent plusieurs accords et conventions entre la Compagne Générale Industrielle de Carmaux et la société Fusion des Gaz. Ces négociations amenèrent à la construction du premier réseau électrique de Carmaux par la C.G.I.
Ce réseau fut construit à la demande du maire d’alors, M. Jean-Baptiste CALVIGNAC et sa réalisation confiée à la société «Tissot-Lombard-Curis». Toutes les maisons de la commune furent ainsi alimentées en électricité et les becs de gaz remplacés par l’éclairage électrique axial. 330 foyers furent équipés et une convention du 25 septembre 1929 fixait à 150 000 kWh la consommation annuelle de la ville de Carmaux.

La nationalisation

Sous l’Occupation, le Conseil National de la Résistance (C.N.R) rédige un programme « qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et des mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste. »
Ce programme, adopté le 15 mars 1944, prévoit sur le plan économique « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques. »
Ces mesures conduiront ainsi à la nationalisation des biens de diverses entreprises de production, de transport et de distribution d’électricité et de gaz.

À la sortie de la guerre, le 08 Avril 1946 exactement, la Loi de nationalisation de l’électricité et du gaz apporte un changement d’orientation profond sur le plan national en mettant un terme à l’existence des sociétés privées qui assuraient la production et la distribution de l’électricité.

Le 25 mai suivant, l’ensemble des biens, droits et obligations de la société «Fusion des Gaz» de Carmaux est transféré à «Electricité de France (EDF), Service National».

Cependant le Conseil Municipal qui régissait Carmaux à l’époque ne voyait pas les choses de la même manière et, à force, de ténacité réussit à imposer sa vision. En effet, suite à de nombreuses discussions sous l’impulsion de Jean Vareilles, un accord fut trouvé avec le Ministère de la Production Industrielle et la R.M.G.E (Régie Municipale Gaz Électricité) de Carmaux voit officiellement le jour le 1er Janvier 1948.

22 octobre 2018 Par